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Mon fils est en prison

enfant prison

*Texte anonyme d’une collaboratrice*

Mon fils est en prison et je refusais d’y aller. Comme si aller lui rendre visite faisait en sorte que j’endossais les gestes qu’il avait commis. Mais mon cœur de maman souffrait d’être incapable de le soutenir pendant cette période si difficile de sa vie.

Peu importe ce qu’il a fait ou non, je l’ai quand même fabriqué cet être humain là. Peu importe quel nuage a bien pu s’abattre sur sa tête, il y a un lien entre nous. Un lien plus fort que tout.

J’ai fini par y aller. Je suis allée visiter mon fils en prison. Je pensais que ce serait trop long, une heure. Je pensais qu’on n’avait rien à se dire. J’essayais de trouver une raison pour couper la visite. Je tremblais en entrant.

C’est gros. Les clôtures sont hautes.

J’entre. C’est laid, c’est froid. Tout le monde se regarde, tout le monde se juge. Je dois signer un papier, mais c’est difficile. Je tremble trop. Je mets mes effets personnels dans un petit casier dont ils m’ont donné la clé. Je ne sais pas ce que j’ai le droit de garder.

Mon manteau? « Comme vous voulez madame. Mais le foulard, faut le mettre dans la case… Oh et le papier jaune, vous devez l’apporter. »

J’ai débarré la foutu case 5 ou 6 fois, avec les mains moites et tremblantes.

« Madame, vous devez jeter votre gomme ! »

Calvaire. La seule affaire qui me déstressait et qui me donnait un peu de salive.

On arrive dans une salle. Laide et froide. Il y a juste des tables et des chaises de plastique. Il nomme tout le monde, sauf mon fils. Il ne reste que moi, plantée là, debout. Pâle et tremblante.

« Ah vous madame, c’est de l’autre côté ! » Tout le monde me regarde, me juge encore.

Je passe la porte. Oh… Je le verrai juste à travers une vitre?

Mon fils arrive et je me mets à pleurer. C’est bien lui ! Mon dieu qu’il est beau. J’avais oublié comment il était beau. Entre mes sanglots, je réussis à lui dire. Je réussis à lui dire qu’il n’a jamais été aussi beau.

Je pensais que ce serait trop, une heure. Pourtant, quand le gardien est venu nous aviser qu’il restait 5 minutes, mon coeur s’est mis à battre beaucoup trop fort. Je n’entendais que mon battement.

Et je suis partie, en souriant, les yeux pleins d’eau.

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